"Cent nouvelles, fables, paraboles ou histoires": Hybridité de la nouvelle dans les premiers recueils français

Dans sa célèbre définition de la nouvelle, considérée souvent comme fondatrice du genre, Boccace présente la nouvelle comme un genre composite et polymorphe : intendo raccontare cento novelle, o favole o parabole o istorie come dire si vogliamo. Transposée sur le sol littéraire français, la nouvelle semble alors particulièrement à même d’accueillir les genres narratifs connexes, de la facétie à la fable ou à l’exemplum, dans la droite lignée des recueils de récits brefs médiévaux où l’hybridation générique était déjà de règle. Nous proposons d’étudier les premiers recueils de nouvelles français (1462-1536) au regard de la conception du genre qui s’y dessine : hybride, unifiée, polymorphe. Si la nouvelle doit en partie son succès à sa capacité à absorber des formes narratives voisines, ne s’affirme-t-elle pas en même temps, dans les recueils de ces années, comme un modèle narratif unifié, sorte de standard nouveau du récit bref français?